Jeunes «réals», sauce Cut-Back: petit bonheur insulaire

Vraiment un chouette festival. Cut-Back 2016, saison 5, s'est déroulé les 7 et 8 octobre sur l'île d'Oléron. Pour de jeunes réalisateurs, ce n'est pas Cannes. C'est encore mieux.

A l'initiative de la communauté de communes de l'île d'Oléron, avec la complicité active de nos petits copains de MO-tv (la web télé de Marennes-Oléron), le festival du court métrage Cut-Back offre un rare plaisir. Les conditions de participation sont minimalistes : un court métrage de moins de 10 minutes, hors générique, avec un réalisateur âgé entre 15 et 25 ans. Les films professionnels sont à priori bannis, mais un réalisateur pro (ou futur pro), de moins de 25 ans, qui a travaillé sans financement, ou bien un budget de bouts de ficelle, pourra parfaitement participer. Au final, la qualité technique des court métrages présentés sera peut-être très disparatre. Qu'importe, ce n'est pas ce qui fera la différence. Mais on n'y laissera pas passer la moindre étincelle de fraîcheur, le moindre petit truc qui déclenche le coup de coeur. Bref, le regard y est d'abord passionné,... et intuitif.
Comme dans tout festival à vocation pédagogique, une large place est laissée à des ateliers de pratiques de la vidéo. C'est ce qui a inspiré ces quelques images...


46 films en compétition, pour trois productions primées: meilleure fiction, meilleur documentaire, et grand prix du Jury (quelque 250 cinephiles insulaires). On ne verra pas le documentaire (pas trouvé sur YouTube, ou Viméo...) mais les deux autres prix, qui illustrent assez bien l'esprit Cut-Back.
«En attendant le déluge» a été réalisé par des étudiants en audiovisuel de l'université de Valenciennes (59), de la fillière DREAM (pour Développement Recherche Enseignement en Audiovisuel et Multimédia) qui a fait le pari de l'hyperprofessionnalisme, lorsque le cursus habituel privilégie la fibre artistique. Particularité: ce court-métrage a été entièrement fabriqué en 48 heures, autour d'un thème imposé, la prospective.
Quant au prix du public, il revient à une bande d'ados, des 13-15 ans, qui ont réalisé une vidéo «fumeuse» dans le cadre des activités du service Ecole Enfance Jeunesse de la mairie de Fouras (17). Certes, ils ont été encadrés, mais les idées que l'on voit dans le film, c'est leur propre jus de crâne. Et il y a une réaction qui ne trompe pas: le public a beaucoup ri en regardant «c'est quand même un monde de voir çà». Beaucoup d'autodérision, de l'impertinence, des maladresses évidemment, mais combinées avec bien du talent. Le public a adoré, et ce prix est amplement mérité. Lorsque la fraîcheur du ton s'exprime à travers de parfaits novices, c'est chaud devant. Ils ont quand même devancé des étudiants parisiens autrement «performants» de l'école supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA).

En attendant le déluge - 3'52: https://www.youtube.com/watch?v=NUms571G0d8
université de valenciennes, la DREAM team :
https://www.univ-valenciennes.fr/dream-la-filiere-audiovisuel-et-multimedia

C'est quand même un monde de voir çà - 7'47: https://vimeo.com/181656694

Le prix du meilleur documentaire a récompensé «Pour faire le portrait d'un oiseau» (2'40), de Aurore Lambert, élève de terminale L du CEPMO, lycée expérimental sur Oléron. On y découvre Océane, jeune autiste privée du langage...
Finalement, j'ai retrouvé le film sur le facebook de ce lycée un peu particulier.
https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=216587375426829&id=203585243393709
(en prime : «Va, je ne te hais point» – ESRA, 2eme prix du public – un bel exemple de plan séquence maîtrisé, et une comédienne plus que dans le coup).

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